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trstndbrtl : En quelques mots, qui est tu AJ ?

Entretien avec ALEXANDRE JOLY

trstndbrtl : En quelques mots, qui est tu AJ ?

AJ : Oui, ouaih... Je m’appelle A.J, j’ai grandi pas très loin d’ici, à la campagne... J’ai eu la chance que mes parents me mettent a disposition le grenier du garage, pour faire un peu ce que je voulais, inviter mes copains, fumer dans le grenier... On jouait beaucoup avec des bougies, on faisait des châteaux de cire, j’improvisais des petites sculptures et j’avais envie de faire ce genre de chose, alors je suis venu a Genève, j’ai fais l’école, et puis, voilà, je suis sur ce chemin pour faire les choses... Je suis né le 17 août, 1977, je suis lion... je ne connais pas mon ascendant... rire... Voilà... ouaih cool, sinon, ces dernières années j’ai beaucoup voyagé... et j’ai mon nouveau site internet, et de bosser la dessus, tu es obligé de regarder ce que tu as fait jusqu’à maintenant, et il y a des choses que je quitte, des intérêts que j’avais avant, comme les animaux empaillés, par exemple, tout cela j’ai envie de le mettre de coté, pour faire ce que je suis en train de faire maintenant, c’est a dire, faire encore plus confiance a mon instinct, jouer plus avec les choses, pour ne pas m’enfermer dans un langage et cela le plus vite possible avec tout ce qu’il est possible de faire... Je suis content de ce qui se passe, en ce moment avec les choses. Et puis, ma base c’est Genève, j’ai un atelier au Velodrome... je suis content d’être ici, j’ai tout mes amis, j’aime bien Genève, Mais j’aime d’autant plus Genève quand j’ai un billet dans la poche. J’adore partir comme j’adore revenir et j’espère que cela va continuer.

trstndbrtl : Ce que tu es en train de faire maintenant ?... Justement que fais tu pour l’exposition du Trou?

AJ : Écoute je ne sais pas trop mais... alors c’est une installation, du volume, massif mais ultra léger en même temps, je pense a un jeu, comme je te disais tout a l’heure, faire les choses instinctivement c’est aussi une manière de me surprendre, je vois plus ou moins ce je veux faire, un assemblage de forme, qui me rappel ces pierre dressées, Stone Age, cela me rappel des totems, j’ai envie de parler du trou, j’ai envie de faire de la sculpture, c’est pour cela que ces formes sont évidés, et puis je vais essayer de trouver une manière étrange mais simple aussi pour créer une sorte d’ouverture, comme une porte, porte de l’esprit, un truc assez primitif et un coté kitsch en même temps... parce que je vais utiliser le tigre, parce que je pense qui va se sentir bien avec ça, oui... porte de l’esprit, de totem, de règne animal.. Quand je parle de sculpture, toute cela c’est de la surprise, parce que ce que je prépare c’est le recyclage d’une autre pièce. Avant ces éléments quand ils étaient ensemble représentait ce que j’appelais un rocher cosmique, une sorte de pépite géante, ensuite je l’ai taillé en rondelle. Au début j’avais une idée de pierre que tu casses dans laquelle il y a des cristaux, c’était pour moi une sorte d’idée de départ pour justement travailler a partir d’une pièce qui existait déjà et la détruire pour en faire une autre pour ce projet et lorsque j’ai fais cela il y a plein d’autre chose qui me sont venues et puis j’ai laissé les choses couler et c’est pour cela que je me suis retrouvé avec ce que tu vois devant toi qui est léger mais grand. Et assez facilement, dans les couloirs du Velodrome, je me suis mis a faire une scénographie. J’avais un malin plaisir a tourner autour, ces ouvertures, ces trous sont hyper intéressants dans le mouvement et puis du coup tu rentres dans la pièce. Mais la c’est différent, la pièce est sur un socle, il limite le mouvement... Juste pour dire que ici c’est présenté comme ça mais cela pourrait être autrement. Nouvelle expérience. Il y a quelque chose qui me plaît, cela reste un matière dégueulasse et jouer avec ces cristaux, créer des contrastes. La peau de ces formes dorées a écailles et puis ces tranches nettes et a l’intérieur les découpes, on voit la marque du file qui a tranché la matière, il y a quelque chose de tranchant. Et puis d’utiliser les cristaux pour venir avec un troisième contraste, qui sacralise, qui donne un coté précieux... J’ai quelques chose de simple a faire avec cela. Peut être même j’ai trop d’élément pour intervenir sur le socle. Et puis aussi, il ne faut pas que j’ai peur d’en faire de trop, parce que je suis venu avec des plantes, des fougères artificielles, j’hésite encore, peut être qu’un de mes bouts d’os ou rondelle, je sais pas si je vais le faire, piquer le bout d’os et lui faire une sorte de couronne végétale, je sais pas, cela risque de l’épaissir et cela doit rester tranchant. Par contre c’est sur que cela apparaîtra, j’ai acheté un bambou artificiel et une perforeuse en forme d’étoile avec lequel je vais percer les feuilles du palmier. Et puis le jeu sera de trouver l’équilibre, l’équilibre et la force. Et cela me plaît de faire cela, parce que je me surprend, et puis il y a une fraîcheur dans le faire. Je me sens prêt à assumer des choses un peu nouvelles pour moi, et aller ailleurs, être dans le mouvement et ne pas avoir peur. Je prends ce projet très a cœur, par rapport a l’état dans lequel cela me met, et par rapport a mes choix, par rapport à la façon de faire les choses. Pour moi c’est l’inconnu. Je pars sur une idée, il y a une première étape dans le travail, et je laisse tout ouvert. Et j’ai assez vite vu ces pierres géodésiques, mais que j’ai mis de côté, parce que je suis trop dans une représentation concrète de quelque chose, une image. Cela me plaît, cette idée de porte, de passage, que l’on ne peut pas emprunter...

trstndbrtl : C’est ce que ça t’évoque le trou. ?

AJ : Non, par contre le trou, en ce qui me concerne cela évoque quelque chose d’originel. C’est quelque chose de très simple, de très primitif et concernant l’essence des choses. On vient d’un trou, on creuse un trou. Je crois que je suis dans ce rapport là à la thématique, de forme originelle, dresser une pierre, faire un feu, creuse un bout de bois, prendre une boule de terre, y faire un trou et en travaillant la boule de terre, faire un bol. Je parle comme un sculpteur. Quand je prends le fil chaud pour découper, et bien ? Est ce que je vais m’appliquer a faire une tranche belle, une belle courbe, ou le but est d’ajourer la forme ? Je suis plus dans un rapport assez brutal, primitif dans le geste, donc je me moque un peu de l’imperfection, et puis ces choses n’ont pas besoin de cela pour exis- ter, pour trouver de la force.

trstndbrtl : Merci AJ.

AJ : Merci à toi, salut.

Propos recueillis pour le projet "L'horrible trombinoscope du Trou" réalisé dans le cadre de l'exposition le TROU - Villa Bernasconi Juin / Sept 2012
Une exposition proposé par Sophie Dejode & Bertrand Lacombe.

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Alexandre Joly

Thématique
Stone Age

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Totem

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